Fête du Club 2016

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   Notre journée en Camargue

   Ce dimanche 26 juin, ils étaient tous ponctuels ceux qui voulaient aller vivre une journée dans la tradition camarguaise.

   Départ à l’heure prévue, dans un autocar de tourisme de grand confort, accueillis par son chauffeur Patrick.

   Voyage de 2 heures sans problème et arrivée au Mas de Pernes à Saint Martin de Crau sur le coup des 10h30.

   Autant le dire de suite : la Camargue, petite ou grande, sans vent, ça n’existe pas ! Mais le petit mistralet qui soufflait gentiment dans les branches des marronniers séculaires du mas était le bienvenue, car, sans lui, nous aurions souffert de la chaleur. Et puis, qui dit vent, dit… pas de moustique ! On ne va pas s’en plaindre !

   Au premier coup d’œil, à voir le sourire sur les visages de tout le groupe, la magie du dépaysement faisait son effet : beau temps, superbe cadre provençal avec son mas et ses dépendances, de grands pâturages riches de foin de Crau, et, en fond de décor, un troupeau de taureaux camarguais, les uns broutant l’herbe, d’autres ruminant allongés sous l’ombre de grands cyprès, la journée s’annonçait pleine de bonne choses.

   A la descente du bus, nous fûmes accueillis par Nadine, la jeune manadière de ce domaine, qui nous présenta le programme de cette journée pleine de traditions camarguaise.

   Pour mieux connaitre la rude mais riche vie des occupants de la manade, Nadine nous proposa un tour de charrette, commenté, à travers le domaine. Cahotant sur un chemin terreux bordant les verts pâturages, notre attelage " ad hoc " nous amena au plus près des maitres de ces lieux, les vaches et taureaux camarguais, belles bêtes à la robe noire, à l’œil sombre et aux longues cornes acérées, qui vous enlèvent l’envie de tenter une caresse. Dans le pré mitoyen, séparé par une clôture, un troupeau de chevaux camarguais, repu du fameux foin de Crau, nous regarde passer avec indifférence.

   Notre promenade touche à sa fin avec le retour devant le mas, en bordure d’un grand pré, où va avoir lieu la fameuse ferrade.

   Cette tradition ancestrale est le marquage d’un veau de 1an au sigle de la manade. Pour le propriétaire des lieux et ses gardians c’est une fête qui a son rituel et qu’ils partagent avec leurs amis, en l’occurrence notre groupe.

   Le cérémonial commence par l’intronisation d’un invité que l’on veut honorer, et qui est choisi par la manadière Nadine. Notre Président, Gérard GRASSINI fut l’heureux récipiendaire et elle le décora de la cocarde des raseteurs après avoir expliqué la symbolique de ce geste.

   Puis Nadine, en accord avec ses gardians, déclara Françoise GRASSINI " Marraine de la ferrade ".

   Après ces deux gestes traditionnels et symboliques, la ferrade eu lieu. Quatre gardians à cheval partirent vers le troupeau de taureaux pour isoler un jeune veau appelé " anouble ", afin de le ramener vers nous. Celui-ci fût entravé par les gardians, couché à terre, puis, sur le haut du jarret gauche, marqué au fer rouge du sceau de la manade. La marraine fût invitée à toucher la marque faite sur le cuir de l’animal pour constater qu’il n’y avait pas de sang et pas de plaie. C’est alors que la marraine remis un couteau de chasse au gardian qui officiait, et celui-ci " escoussura l’anouble ", c’est-à-dire coupa un petit bout de l’oreille gauche de l’animal, et le remis à la marraine en guise de porte bonheur. Enfin, l’anouble fût libéré et reconduit au galop par les gardians pour rejoindre l’ensemble protecteur de son troupeau.

   Cette cérémonie terminée, nous nous retrouvons tous sur la terrasse du mas pour une gigantesque mouclade camarguaise, arrosée de kir et de sangria, belle introduction au méchoui qui nous attendait.

   L’après-midi, nous nous sommes tous retrouvés dans les gradins ombragés des arènes pour un spectacle de vaches camarguaises.

   Une première partie fût dédiée aux raseteurs professionnels en tenue blanche, qui firent preuves de beaucoup d’adresse et d’agilité pour faire des " rasets " qui enlèvent entre les cornes les "attributs " que sont cocarde, glands et ficelle, face à deux vaches qui n’avaient qu’un seul objectif, les embrocher !

   La deuxième partie fût consacrée à des jeux de gardians où la marraine Françoise GRASSINI, Michèle RICOUL et Juliette STELHE furent conviées.

   Le spectacle se termina par un défilé des gardians et des vaches accompagnées de leur taureau conducteur appelé " le Simbèu "au rythme de sa sonnaille.

   Et comme toute bonne chose à une fin, il fallut rejoindre notre bus pour un départ sur Hyères.

   Pendant le voyage de retour, je me suis promené dans la travée centrale de notre bus. Je crois que tout le monde dormait ! Je crois même que certains rêvaient du raseteur qu’ils auraient pu être !

   En tout cas, merci Nadine, notre manadière, pleine de gentillesse, de simplicité et d’authenticité, généreuse et convaincante dans sa façon de nous présenter sa vie, leur vie au sein d’une manade, et surtout garante de traditions un peu oubliées dans ce monde actuel si impersonnel qu’est le nôtre.

Gérard GRASSINI

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