Les absents ont toujours tort

   Manifestement, la fête du club du dimanche 14 juin s’annonçait sous de mauvaises prévisions météorologiques: orage pluie et vent la veille, temps couvert menaçant le matin. Ajoutons à cela une faible participation de nos membres, 51 sur 250, il y avait de quoi déprimé !

   Mais vers 11h30, ce dimanche 14 juin, la clémence céleste fit que le ciel du POURRET retrouva son bleu azur immaculé, cher à notre cœur provençal ou d’adoption.

   Seuls ou en couple, nos amis arrivèrent, tenant compte du quart d’heure provençal, qui, exceptionnellement fût un peu plus long que de coutume !

   Tous avaient revêtus leurs vêtements estivaux : robes légères et fleuries pour les dames, pantalons clairs pour les messieurs, sans oublier les coiffes ou chapeaux de paille des plus prudents d’entre nous, mais tous avec un sourire qui en disait long sur leur état d’esprit.

   Déjà, dans les bonjours de bienvenue, on sentait que la journée qui commençait se présentait sous les meilleurs hospices.

   L’apéritif donna le ton. Superbe, varié, copieux, je n’ai vu personne porter une quelconque critique. Le repas qui suivit fût à la hauteur de ce que nous attendions : recherché, élaboré, orignal, sur fond de musique, chacun pu se régaler pendant qu’à chaque table les conversations allaient bon train.

   Mais le clou de la journée fut le départ de l’après-midi dansante. Je fus surpris de voir certain danser avec plaisir et application. D’habitude réservé dans notre club, chacun avec ses moyens participa à de folles danses.

   Pour moi, même si la participation des membres du club fût modeste, le pari de faire la fête du club sans bridge était gagné.

   Rappelez-vous ce que j’avais écrit en son temps à ce sujet :

   -" Vous savez tous combien je tiens à améliorer l’ambiance dans notre club. Je voulais donc que nous nous retrouvions hors de nos murs. Cela favorise les contacts et la convivialité. Dans une ambiance champêtre, loin de nos habitudes de bridgeurs invétérés et des contraintes qu’elles nous imposent, de déambuler dans un cadre bucolique, un verre à la main, sur fond musical, apporte l’envie de se parler, donc de mieux se connaitre. Pour moi, à terme, c’est un investissement pour le mieux vivre notre bridge au sein de notre club.

   Du bridge, nous en faisons toute l’année ! S nous avions fait un tournoi le jour de la fête du club, croyez-vous qu’il n’y aurait pas eu au moins une fois le fameux " ARBIIIITRE " péremptoire et plein de " tu vas voir ce que tu vas prendre ! ". Et ce jour-là, empêcherons-nous Mr ou Me X… de dire avec beaucoup de hargne à Mr ou Me Y… : " tu n’as plus le droit de parler, ton partenaire a trop réfléchi ! ", et j’en passe, et des pires !!!...

   Mais il y a une raison plus importante à mes yeux pour qu’il n’y ait pas de bridge ce jour-là : C’est la présence de nos conjoints qui ne jouent pas au bridge.

   Imaginons : Après le repas, nous mettons en place un tournoi. Que ferons nos conjoints ? Une partie repartira, si elle le peut, !’ l’autre se regroupera dans un coin et attendra trois bonnes heures la fin du tournoi !

   Nous les aimons suffisamment pour que cette journée de fête du bridge sans bridge leur soit dédiée pour leur patience, leur compréhension et leur gentillesse. " -

   Je persiste à dire que cette solution est la bonne et que nous récidiverons.

   Une fois de plus, les absents ont eu tort.

                                                                         Gérard GRASSINI